Patrimoine

Le Château de sauvages

Le château de Sauvages XVIIIe siècle

Par mariage, le château et les terres passèrent à la famille Boissier. L’Abbé Boissier de Sauvages, philosophe, géologue, minéralogiste, et botaniste, vécu cinq ans au château et créa un arboretum. Celui-ci est encore présent et on y trouve des essences variées et des arbres centenaires comme les grands cèdres ou les chênes lièges. En 1912, le domaine est vendu aux mines de Rochebelle. Il fut dynamité 50 ans plus tard. Le bâtiment qui subsiste aujourd’hui n’est autre que les dépendances et la ferme.

 

Château de Montaigu

Source :  Marcel Bruyère « Alès, capitale des Cévennes »

Pourquoi le château de Montaigu a-t-il été détruit ?

Les co-seigneurs d’Alès : 

La seigneurie d’Alès est constituée au Xe siècle, mais il est très difficile de connaître avec exactitude les faits qui se sont déroulés à cette période. Le premier seigneur connu, au XIe siècle, est Raymond Pelet. Fin octobre 1096, il participe à la première croisade aux côtés du comte de Toulouse, Raymond IV de Saint-Gilles. Par le jeu complexe des alliances et des descendances, la famille Pelet et celle des seigneurs d’Anduze et de Sauve se partagent la possession de la seigneurie d’Alès. L’existence d’une coseigneurie est attestée à partir de 1176. Deux seigneurs exercent conjointement le pouvoir féodal sur la ville, assurent l’ordre et la protection de la population : d’une part, Raymond Pelet, fils de Bertrand, seigneur d’Alès et comte de Melgueil ; d’autre part, Bernard d’Anduze et son fils Pierre Bermond.

Le château de Montaigu dépendait de la famille Pelet, seigneurs d’Alès. Il fut construit en 928 et se trouvait en grande partie sur le territoire de St Jean du Pin.

Les liens étroits des co-seigneurs d’Alès avec le Comte de Toulouse :

La région située entre la Garonne et le Rhône, au sud du massif central, appartient pleinement au royaume de France, mais depuis le milieu du Xe siècle jusqu’au milieu du XIIe siècle, c’est une région sans roi.

Non seulement le Comte de Toulouse exerçait son autorité sur le Vicomté de Nîmes (dont fait partie la coseigneurie d’Alès), mais il avait également des liens familiaux avec les co-seigneurs d’Alès :

En 1173, Raymond V, comte de Toulouse, s’empare de l’héritage du comté de Melgueil par le mariage de son fils, le futur Raimond VI, avec Ermessinde (fille de Bernard V Pelet), l’héritière du comté et première épouse de Pierre-Bermond d’Anduze. Cela lui permet d’acquérir un certain nombre de forteresses en Bas-Languedoc, dans une zone où il était particulièrement faible ; et surtout il prend désormais une part des profits de l’atelier monétaire de Melgueil, la plus forte monnaie du Languedoc féodal.

En 1204, Pierre-Bermond de Sauve (de la maison d’Anduze), épouse la fille de Raymond VI, Comte de Toulouse

Le Comte de Toulouse et la croisade contre les Albigeois (ou Cathares) :

En 1207, Raymond VI, Comte de Toulouse, est excommunié par Pierre de Castelneau, légat du pape Innocent III, pour cause de complaisance envers les cathares. En 1208, l’assassinat de Pierre de Castelneau par un homme à la solde du Comte de Toulouse (Raymond VI) déclenche la croisade contre les albigeois qui durera 30 ans et dévastera le Midi.

La croisade est menée par l’église catholique contre l’hérésie cathare qui se répand dans le comté de Toulouse. En juin 1209, Bernard VII d’Anduze, coseigneur d’Alès assiste à la pénitence publique du comte de Toulouse à Saint-Gilles, puis rejoint l’armée des croisés qui participe au siège de Béziers. En 1217, Raymond Pelet rend hommage à Simon de Montfort contre le jeune Raymond VII, comte de Toulouse.

Cette croisade évolue rapidement en guerre de conquête, d’abord pour le compte de Simon de Montfort, puis après la mort de ce dernier (1218) et l’échec de son fils Amaury, pour le bénéfice de la couronne.

En 1219, le comté de Toulouse est conquis par le roi de France. En 1226, Louis VIII envahit le Languedoc. Pierre Bermond, fils de Bernard d’Anduze et Raymond Pelet rendent hommage au roi.

Mais plusieurs grands féodaux se révoltent contre l’autorité du nouveau roi, le futur Saint Louis. En 1227, Pierre Bermond se rallie à son cousin, Raymond VII de Toulouse et se bat contre Raymond Pelet, resté fidèle au roi ; une trêve est décidée du 3 juin 1227 à Pâques 1228. Peu après le traité de Paris (1229) qui dépossède Raymond VII des régions de Beaucaire et Carcassonne, Pierre Bermond se voit donc enlevé les seigneuries d’Alès, d’Anduze, de Sauve et de Sommières au profit du Roi de France qui devient ainsi co-seigneur d’Alès.

En 1230, le château de Montaigu est ainsi occupé par des bandes à la solde du fils de Simon de Montfort (chef de la croisade contre les Albigeois depuis 1209) pour surveiller le château de Soucanton. Le sénéchal de Beaucaire, Pélerin LATINIER, fait d’ailleurs détruire le château de Soucanton (il appartenait à la famille Tourtoulon ayant pris les armes contre le roi au côté de leur maitre, le seigneur d’Anduze pendant la croisade contre les albigeois).

En 1240, le successeur de Pélerin LATINIER au poste de sénéchal de Beaucaire, Pierre d’Atheis, tente de s’enrichir aux dépens des Pelet (suite au décès de Bernard Pelet qui laisse sa mère Sybille, sa veuve Tiburge et son jeune fils Bernard) et de ruiner leur influence en frappant leurs bourgeois (habitants du bourg d’Alès) de contributions indues répétées. La Dame d’Alès, Tiburge, veuve de Bernard Pelet, demanda justice à la cour du roi et tenta de s’opposer à toutes les exactions du sénéchal. En représailles, ce dernier fit détruire le château de Montaigu.

Pour la petite histoire, en 1247, une enquête fut ordonnée par Saint Louis sur les abus de pouvoirs des sénéchaux de Beaucaire. Le greffier de la première enquête se trouve être le prêtre de la première église de St Jean du Pin (appelée aujourd’hui l’Eglisette), Raymond de la Rouvière.

Pourquoi retrouve-t-on des vestiges d’un monastère, d’une crypte et d’une chapelle sur le site du château de Montaigu ?

Le prieuré fut sans doute fondé par les moines de l’abbaye de Cendras (des bénédictins). Ils s’établirent sur ce sommet au 11ème siècle près du château de Montaigu qui pouvait les protéger.

Une première chapelle y fut donc construite au 11ème siècle par les bénédictins de Cendras, puis au 12eme ou 13eme siècle, les chanoines augustins, la jugeant insuffisante, en construisirent une plus grande pouvant accueillir les pèlerins.

Une crypte a été creusée sous l’abside de la nouvelle chapelle. On y accédait par un escalier situé à l’intérieur de la muraille sud (la crypte et l’escalier y sont encore visibles).

Pourquoi y a-t-il eu changement d’ordre religieux dans le prieuré de St Germain entre le 11e et le 13e siècle ?

Le prieuré changea d’ordre religieux suite au Traité de Paris (1229) qui transfère les droits des seigneurs d’Anduze aux seigneurs d’Alès. St Germain se trouvant dans le territoire placé sous la juridiction des seigneurs d’Anduze, le prieuré fut alors confié aux religieux du chapitre de Nîmes, de l’ordre augustinien.

En 1247, la Dame d’Alais, Sybille, aïeule du jeune Bernard Pelet, revendique auprès du Roi Saint-Louis la propriété de ce qui reste du château de Montaigu. Mais la reine mère Blanche de Castille refuse et fait don de la propriété aux chanoines augustins pour y construire leur couvent de St Germain.

 

Pourquoi le monastère est-il également en ruine ?

En 1561, des Huguenots conduits par le pasteur Claude CHEVALIER escaladent le Montaigu par le versant Sud et saccagent la chapelle.

En 1563, le prieuré est pillé et démoli par François de Cambis, seigneur d’Alès qui soutint les huguenots jusqu’en 1570.

En 1789, à la révolution française, le monastère fut vendu comme bien national.

 

Que retrouve-t-on actuellement de cette histoire sur le site ?

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